Extrait
« C’est la première fois que Christian, qui a désormais pris ses habitudes dans l’appartement de son amie, l’invite cette fois à son domicile. La soirée et la nuit se passent à merveille. Laurence jubile :
— Lorsque je suis arrivée au boulot hier matin, on m’a demandé comment se faisait-il que je sois si rayonnante, dit-elle. Et tu sais ce que je leur ai répondu ? « Parce que j’ai baisé toute la nuit ! »
Puis, grisée par un ballon de rouge, elle se laisse aller à quelques confidences. Elle évoque son enfance à La Ciotat avec un père représentant en fil à coudre, qui sillonnait perpétuellement les routes de l’Hexagone, pour elle totalement absent, et sa mère institutrice, qui s’occupait beaucoup des gamins des autres, mais pas de la sienne. Elle la décrit comme une mère autoritaire, sèche, sans contact affectif, incapable de rassurer ou de réconforter, coupée de ses émotions et égocentrique, qui dévalorisait sa fille, en particulier quand elle exprimait des émotions. Elle lui confesse que, petite fille, elle s’est même employée à surveiller les relations adultérines de sa mère afin que son père ne découvre pas ses trahisons.
— J’étais pour ainsi dire livrée à moi-même, dit-elle. Et je peux te dire que l’environnement affectif dans lequel j’ai grandi était pour le moins instable. Quant à l’amour, il était conditionné au fait d’être sage, brillante, utile et calme.
»